MESSE EN SOUVENIR DE JOSEPH DE FERRIÈRES, COMPAGNON DE LA LIBÉRATION

Dimanche 17 mai, en présence de nombreuses personnalités, dont l’ancien ministre Hubert Germain, lui-même Compagnon de la Libération, a eu lieu , à l’église de Gilles, une messe en souvenir du Lieutenant Joseph de Ferrières (1918-1944) Compagnon de la Libération, avec le concours du chœur d’hommes de la Section 281 de l’Union Nationale des Parachutistes de Dreux Lieutenant Antoine de la Batie. joseph3

À cette occasion, au moment du cocktail qui a suivi, le maire Michel Malhappe a retracé le parcours de Joseph, en rappelant l’implication de la famille Ferrières dans le village. joseph2

Voici son discours :

« Monsieur le Ministre, Monsieur le Sous-Préfet, Monsieur le Député, Mon Colonel, Madame et Monsieur les Conseillers Départementaux, Monsieur le Président du Comité du Souvenir Français, Mesdames et Messieurs les Maires, Mesdames et Messieurs les élus, chers amis.

C’est un grand honneur pour notre village de Gilles de vous accueillir pour célébrer la mémoire de Joseph de Ferrières de Sauvebeuf né le 21 avril 1918, lieutenant de la 13ème Demi- Brigade de la Légion Étrangère, mort au champ d’honneur à Pontecorvo le 21 mai 1944.

Joseph de Ferrières de Sauvebeuf a été fait Compagnon de la Libération à titre posthume en novembre 44. Il faut souligner la singularité de cet ordre voulu par le Général de Gaulle, dont le caractère exceptionnel justifie le petit nombre de décorés : 1038 personnes physiques – Joseph sera le 461ème de la liste -, 18 unités militaires dont la Brigade où a servi Joseph de Ferrières, et 5 villes.

Je voudrais resituer dans l’histoire de notre village la famille de Ferrières, très représentée aujourd’hui pour honorer la mémoire de son aïeul Joseph.

Le père de Joseph, Armand hérite de sa mère née Trippier de la Grange en 1906 la propriété dite de Gilles-Bois acquise par ses aïeux en 1720. Il est élu Conseiller municipal au retour de la première guerre où il a acquis le grade d’officier.

En 1926, le Maire de l’époque M Lemarié, âgé, souhaite démissionner en cours de mandat, mais aucun candidat ne se présente pour le remplacer. La fonction était-elle déjà à l’époque aussi lourde et parfois ingrate pour ne pas susciter plus de vocation ? Toujours est-il qu’Armand de Ferrières est élu Maire presque par défaut le 20 décembre 1926.

En 1927, il engage la réfection du clocher de notre église. Puis de 1928 à 1932 il participe à la création d’un bureau des Postes, dans la maison occupée aujourd’hui par la famille Mascret, il favorise l’installation du téléphone et contribue à l’électrification du village par la création du Syndicat Intercommunal d’Électricité en 1932.

Guy de Ferrières, fils aîné d’Armand, hérite de la propriété de Gilles Bois et est élu Maire de Gilles en 1983. Ses enfants, Charles et Jean occupèrent eux aussi récemment les fonctions de Conseiller municipal. Comme quoi l’Aristocratie est parvenue à se fondre dans la République et la famille Ferrières que l’on honore aujourd’hui a su et sait faire preuve d’engagement citoyen et de modernité.

Aujourd’hui les huit enfants de Guy de Ferrières ont une habitation à Gilles. La terre de Gilles colle donc aux pieds de la famille Ferrières depuis l’année 1720. Joseph d’ailleurs projetait de s’installer en tant qu’agriculteur à Gilles à la ferme de Jolivet. Son engagement au service de son pays l’a empêché de mener à bien son projet.

Dans cette histoire brièvement relatée à l’occasion de la célébration de l’engagement de Joseph de Ferrières pour la libération de son pays, je voudrais souligner les valeurs qui nous rassemblent ici aujourd’hui dans notre diversité.

Alors que trop souvent l’accent est mis sur ce qui oppose et ce qui divise, alors que les mots fondateurs de notre pays sont soit pris en otage par certains, soit détournés de leur sens initial, soit bafoués par d’autres, il est à mon sens important de retrouver le sentiment de l’honneur de servir notre pays, comme l’a fait Joseph de Ferrières, à défendre les valeurs de justice, de liberté et de fraternité au-delà de nos différences et dans le respect de chacun. Merci de votre attention. »

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